Bernard Gilbert, directeur général et de la programmation du Diamant, et Robert Lepage, metteur en scène et initiateur du projet, ont dévoilé l’artiste sélectionnée. Ce choix s’inscrit dans la Politique d’intégration des arts à l’architecture du ministère de la Culture du Québec. Il s’agit de Claudie Gagnon, artiste multidisciplinaire réputée. Originaire de Montréal, elle réside à Québec. Son œuvre, Atome ou le fruit des étoiles, ornera la façade du bâtiment sur la rue Saint-Jean, au-dessus de l’entrée.
Le Diamant a lancé le processus d’intégration en 2017. Le comité cherchait une œuvre pour signer la façade du bâtiment. En tout, quatre artistes ont soumis un concept. En novembre 2017, le comité a retenu la proposition en verre de Claudie Gagnon, Atome ou le fruit des étoiles.
Robert Lepage, metteur en scène et initiateur du projetDès ses débuts, Le Diamant a conçu le projet en lien avec l’histoire de la ville, l’environnement de la place D’Youville et la destination touristique du Vieux-Québec. Le comité de sélection de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement tenait donc à choisir une œuvre qui mettrait en lumière les attributs du Diamant. Par la versatilité de ses effets, son aspect multifacette et son rappel fantomatique de l’ancienne enseigne du Cinéma de Paris, l’œuvre de Claudie Gagnon vient marquer de façon significative et emblématique l’entrée du nouveau lieu.
De forme circulaire, l’œuvre superpose cinq couches de verre laminé aux facettes multiples. Une bande d’acier recouverte d’aluminium ceinture la structure et intègre un dispositif d’éclairage à fibre optique.
L’œuvre s’harmonise avec deux éléments clés du lieu. D’abord, le nom Le Diamant, en référence au cap Diamant sur lequel la ville de Québec est construite, puis la pierre précieuse. Ensuite, le concept architectural, dont les éléments vitrés et translucides réfèrent à l’élément central de l’œuvre.
L’artiste a choisi le verre comme matériau principal. Ce choix s’est imposé rapidement, autant pour entrer en dialogue avec le mur rideau et la verrière que pour proposer une œuvre à la fois réflectrice et émettrice de lumière. À travers elle, on peut entrevoir les différents éléments architecturaux environnants.
Malgré ses dimensions considérables (4,5 m de diamètre et près de 2,5 t), l’œuvre translucide ne s’impose pas comme un élément étranger à son environnement immédiat. En raison du choix du verre, elle devient plutôt un prolongement en accord avec les composantes et les teintes du bâtiment.
Claudie Gagnon, artiste multidisciplinaireLe titre de l’œuvre fait référence à l’atome comme symbole constituant élémentaire de la matière formée de plusieurs particules fondamentales, comme un objet constitué d’une quantité d’autres éléments. Aussi, sur un mode poétique, en Inde, la légende raconte que les diamants, exploités depuis 6000 ans, sont représentés comme les fruits des étoiles, signifiant qu’ils ont été semés par ces astres pour être récoltés par les humains.
L’œuvre change d’apparence le jour et la nuit. Elle évoque la lentille d’un instrument scientifique ou un prisme de lumière. Ce dispositif offre une expérience qui altère la perception de la réalité en faisant dévier et réfléchir la lumière. Il suggère aussi un fragment de glace, symbole de l’identité nordique, ou un corps céleste.
Sa partie centrale rappelle la structure d’un flocon de neige. Elle figure aussi une rose des vents, élément symbolique de géolocalisation. Cela rappelle que Le Diamant est un point rassembleur, lieu de convergence des créateurs et des publics d’ici et d’ailleurs.
Atome ou le fruit des étoiles est donc une œuvre tout en transparence, à la fois discrète et scintillante. Elle laisse place à différentes interprétations tout en jouant avec la lumière et son environnement. Selon le point de vue de l’observateur, elle offre une vision kaléidoscopique qui, à la fois, le reflète, le magnifie et le transforme.
Claudie Gagnon, artiste multidisciplinaireMon travail est fait de citations, d’évocations et de reprises. Je recycle, récupère, détourne autant des objets usuels que des concepts, des œuvres célèbres, des empreintes visuelles et sonores qui font partie intégrante de notre culture savante et populaire. Je les considère comme une matière à création riche et chargée de mémoire, méritant d’être sans cesse réactivée. En sculpture, le verre est un de mes matériaux de prédilection. Pour ses qualités opposées – fragilité et résistance -, pour sa propension à interagir avec la lumière et pour sa transparence, qui le rend parfois proche de l’immatérialité et lui permet de se fondre à son environnement.
Cette œuvre qui impose de très hautes exigences techniques sera réalisée au cours du printemps par l’artiste en arts visuels Ludovic Boney et son équipe au cours du printemps dans d’immenses ateliers réservés pour l’occasion, sous la direction de Claudie Gagnon. Le budget total alloué au projet est de 239 000 $ dont 207 000 $ pour la réalisation. L’œuvre devrait être installée sur la façade du Diamant au cours du mois d’août.
Née à Montréal et établie à Québec, l’artiste Claudie Gagnon se démarque par une pratique artistique multidisciplinaire qui se décline en plusieurs médiums, comme la sculpture, l’installation, le collage, la photographie, le « Eat Art », la vidéo et le tableau vivant performé. Exposée au Musée national des Beaux-arts du Québec, au Musée des Beaux-arts de Montréal ou au Musée d’art contemporain de Montréal, Claudie Gagnon a également collaboré à plusieurs projets d’art public dont au Centre culturel Le Carré de Victoriaville, au Musée d’art de Joliette et à la Bibliothèque Monique-Corriveau de Québec.