Le Diamant accueillera une œuvre de l’artiste multidisciplinaire Claudie Gagnon

6 mars
2019

Bernard Gilbert, directeur général et de la programmation du Diamant, et Robert Lepage, metteur en scène et initiateur du projet, ont dévoilé l’artiste sélectionnée dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du Ministère de la culture et des communications du Québec. Ce sera Claudie Gagnon, artiste multidisciplinaire réputée, originaire de Montréal et établie à Québec. Son œuvre intitulée Atome ou le fruit des étoiles sera installée sur la façade du bâtiment, au-dessus de l’entrée principale du public, sur la rue Saint-Jean.

Une œuvre emblématique à un emplacement significatif

Le processus d’intégration de l’œuvre d’art a été initié en 2017 afin de choisir une œuvre qui viendra signer la façade du bâtiment, au-dessus de l’entrée principale du public, sur la rue Saint-Jean. Quatre artistes ont été invités à déposer un concept et, en novembre de la même année, l’artiste Claudie Gagnon et son concept de verre, Atome ou le fruit des étoiles, ont été choisis.

Depuis les tout débuts du projet, le Diamant s'est construit en lien avec l'histoire de la ville de Québec, l'environnement de la place D'Youville et la destination touristique du Vieux-Québec. Le comité de sélection de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement tenait donc à choisir une œuvre qui mettrait en lumière les attributs du Diamant. Par la versatilité de ses effets, son aspect multifacette et son rappel fantomatique de l'ancienne enseigne du Cinéma de Paris, l'œuvre de Claudie Gagnon vient marquer de façon significative et emblématique l'entrée du nouveau lieu.

— Robert Lepage, metteur en scène et initiateur du projet

Atome ou le fruit des étoiles

De forme circulaire, l’œuvre est constituée de cinq couches de verre laminé superposées et comportant chacune de multiples facettes présentant différents angles. Elle est ceinturée d'une bande d'acier recouverte d'aluminium et un dispositif d'éclairage composé de fibre optique y est intégré.

L’œuvre se veut en continuité avec deux éléments forts du lieu : son nom choisi, le Diamant, en référence au cap sur lequel la ville de Québec est construite et à la pierre précieuse, et le concept architectural dont les éléments vitrés, translucides réfèrent à l’élément central de l’œuvre.

Le choix du verre, comme matériau principal, s’est donc rapidement imposé à l’artiste, autant pour entrer en dialogue avec le mur rideau et la verrière, que pour proposer une œuvre qui a des propriétés à la fois de réflecteur et d’émetteur de lumière, et à travers laquelle on peut entrevoir les différents éléments architecturaux qui l’entourent. Malgré ses dimensions considérables (4,5 mètres de diamètre et près 2,5 tonnes), l’œuvre translucide ne s’impose pas comme un élément étranger à son environnement immédiat, mais en devient, de par le choix du matériau verre, un prolongement en accord avec les composantes et les teintes du bâtiment.

Le titre de l’œuvre fait référence à l'atome comme symbole constituant élémentaire de la matière formée de plusieurs particules fondamentales, comme un objet constitué d'une quantité d'autres éléments. Aussi, sur un mode poétique, en Inde, la légende raconte que les diamants, exploités depuis 6000 ans, sont représentés comme les fruits des étoiles, signifiant qu'ils ont été semés par ces astres pour être récoltés par les humains.

— Claudie Gagnon

Une œuvre multifacette

L’œuvre présente des apparences diverses, qu’elle soit vue de nuit comme de jour. Elle évoque à la fois la lentille d’un instrument scientifique, un prisme qui offre une expérience qui altère la perception de la réalité et qui possède la propriété de faire dévier et réfléchir la lumière, un fragment de glace comme symbole de l’identité nordique ou un corps céleste. Sa partie centrale rappelle la structure d’un flocon de neige, en plus de figurer la forme d’une rose des vents, élément symbolique de géolocalisation, et qui rappelle que le Diamant est un point rassembleur, un lieu de convergence de créateurs et de publics d’ici et d’ailleurs. Atome ou le fruit des étoiles est donc une œuvre tout en transparence, à la fois discrète et scintillante, laissant place à différentes interprétations, jouant avec la lumière et avec son environnement et qui, selon le point de vue de l’observateur, en offre une vision kaléidoscopique qui à la fois le reflète, le magnifie et le transforme.

Mon travail est fait de citations, d'évocations et de reprises. Je recycle, récupère, détourne autant des objets usuels que des concepts, des œuvres célèbres, des empreintes visuelles et sonores qui font partie intégrante de notre culture savante et populaire. Je les considère comme une matière à création riche et chargée de mémoire, méritant d'être sans cesse réactivée. En sculpture, le verre est un de mes matériaux de prédilection. Pour ses qualités opposées - fragilité et résistance -, pour sa propension à interagir avec la lumière et pour sa transparence, qui le rend parfois proche de l'immatérialité et lui permet de se fondre à son environnement.

— Claudie Gagnon

En production au cours du printemps

Sous la direction de Claudie Gagnon, cette œuvre qui impose de très hautes exigences techniques, sera réalisée au cours du printemps par Ludovic Boney, artiste en arts visuels, et son équipe, dans d’immenses ateliers réservés pour l’occasion. Le budget total alloué au projet est de 239 K$ dont 207 K$ pour la réalisation de l’œuvre. L’œuvre devrait être installée sur la façade du Diamant au cours du mois d’août.

À propos de Claudie Gagnon

Née à Montréal et établie à Québec, l’artiste Claudie Gagnon se démarque par une pratique artistique multidisciplinaire qui se décline en plusieurs médiums, comme la sculpture, l’installation, le collage, la photographie, le « Eat Art », la vidéo et le tableau vivant performé. Exposée au Musée national des Beaux-arts du Québec, au Musée des Beaux-arts de Montréal ou au Musée d’art contemporain de Montréal, Claudie Gagnon a également collaboré à plusieurs projets d’art public dont au Centre culturel Le Carré de Victoriaville, au Musée d’art de Joliette et à la Bibliothèque Monique-Corriveau de Québec.