Théâtre

La Fureur de ce que je pense

Infrarouge

Salle Hydro-Québec

Neuf chambres sont révélées par des fenêtres-vitrines. Derrière six d’entre elles sont exposées des femmes évoluant dans leur espace privé. À chaque chambre correspond un chant. Chaque chant est l’expression d’une obsession, d’une angoisse ou d’un espoir récurrent dans la pensée et dans l’écriture de Nelly Arcan. Chaque chant est porté par une femme différente. Le septième chant, le chant perdu, est le chant du Chœur, dirigé par le personnage du spectre qui s’insinue ponctuellement dans l’intimité des femmes. Loin de Nelly et différente d’elle, chacune de ces femmes incarne un aspect des matières abordées dans son écriture.

Nelly Arcan était une femme exposée, offerte au regard des autres sans retenue, fragilisée à la fois par l’œil scrutateur des voyeurs et par sa propre absence de pudeur. La puissance du rythme de son écriture est saisissante. Avec la volonté de mettre ce rythme en valeur, loin du théâtre psychologique ou du récit biographique, La fureur de ce que je pense propose un collage de ses textes transposés en chants. Le spectacle est un hommage à Nelly Arcan, l’auteure trop tôt disparue.

L’écriture de Nelly Arcan recèle tant de noirceur qu’il faut souvent quitter le livre des yeux un moment. On se dit mon dieu quelle souffrance, comme cette vision est crue. Et quelle intransigeance, quelle dureté, quelle clarté ils ont ces superbes yeux qui transpercent les autres impitoyablement comme des poignards coupants.

Paradoxalement, on éprouve alors de l’affection pour celle qui écrit sans pitié ni compassion. L’élan de cette fureur crachée dans cette parole si dure et vive n’arrive pas à masquer la terreur que cette femme brillante, prisonnière d’une sorte d’état d’effarement ininterrompu, éprouvait face aux injustices de la condition humaine, de la condition féminine, des états amoureux. Cette écriture qui coule comme un fleuve jamais tranquille expose à tout moment l’intensité de cette souffrance qu’elle avait d’être elle-même et l’amplitude de son mal de vivre.

13 ans et plus

8 au 10 déc. 2022 — 100 minutes sans entracte 54 $ — 70 $

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Photo - Michael Slobodian
Photo - Caroline Laberge
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Photo - Michael Slobodian
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Ils ont dit...

«La liberté accordée au mouvement joue d'électrochocs, de déchirures soudaines et d'éclatements. Comme des papillons de nuit, ces belles de jour se brûlent les ailes sous des lumières tantôt blafardes, tantôt vives. Leurs monologues sont appelés des «chants» dans le programme, qui sont autant de chants du cygne attirés par la mort.»

Maud Cucci, Le Droit, Ottawa

«Une pièce coup-de-poing qui nous présente Nelly Arcan dans toute sa vulnérabilité. Six femmes interprétées par six incroyables actrices. (…) La scénographie est honnêtement l’une des plus impressionnantes que nous ayons vue de récente mémoire.»

Pierre-Alexandre Buisson, La Bible urbaine

«Marie Brassard a accompli une tâche colossale en traversant l’œuvre, organisant cette douloureuse matière en fusion où son auteure ne cesse d’implorer la mort pour toute délivrance. Sa mise en scène, de tout ce mal et de ce souci de vérité même macabre, ne ne tombe jamais dans le pathos. Au contraire, elle nous donne à voir un objet théâtral qui tient tout bonnement du génie.»

Gilles Lamontagne, Sorstu.ca

Distribution

Christine Beaulieu
Sophie Cadieux
Evelyne de la Chenelière
Johanne Haberlin
Julie Le Breton
Anne Thériault
Larissa Corriveau

Crédits

Textes de Nelly Arcan (collage)
Idéation et développement Sophie Cadieux
Adaptation et mise en scène Marie Brassard
Collaboration à l’adaptation et dramaturgie Daniel Canty  
Scénographie et accessoires Antonin Sorel
Assistance aux accessoires Alex Hercule Desjardins
Lumières Mikko Hynninen
Musique Alexander MacSween
Sonorisation et régie son Frédéric Auger
Costumes Catherine Chagnon
Assistance aux costumes Éric Poirier
Maquillages Jacques-Lee Pelletier
Coiffures Patrick G. Nadeau
Direction de production Anne McDougall
Direction technique Mateo Thebaudeau 
Production : Infrarouge / Espace GO
Coproduction : Théâtre français du CNA (Ottawa), Festival TransAmériques (Montréal), PARCO (Tokyo) 
Agent de tournée à l’internationale Menno Plukker Theatre Agent Inc (menno@mennoplukker.com)
Agente de tournée en France : Sarah Ford, Quaternaire (sarah@quaternaire.org) 
Le texte de LA FUREUR DE CE QUE JE PENSE est tiré de Putain et Folle de Nelly Arcan, publiés par les Editions du Seuil, de même que de L'enfant dans le miroir, publié par Marchand de Feuille, repris dans Burqua de chair, publié par les Editions du Seuil.
La version originale du spectacle a été créée en 2013 à Espace GO

 

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